René-Guy Cadou

Publié le par Florence

Bientôt l'arbre

Verdoyante fumée

Demain je serai l'arbre

Et pour les oiseaux froids

La cage fortunée

 

Les grandes migrations 

Sont parties de ma bouche

De mes yeux plein d'épis

Les éclairs de santé

 

Je te suis dans l'air bleu

Flèche douce à la paume

Bel arbre que j'éveille

Au bord de mes genoux

Tronc si blanc qu'il n'est plus

Qu'une neige attentive

 

Tu courbe vers le toit

Tes brandons de lumière

ta sève jour et nuit

Chante dans les gouttières

 

On te fête déjà

Dans les rues de villages

Ainsi qu'une saison

Inconnue de la terre

 

Et toi dans les sillons

Sans borne où les perdrix

Gaspillent pour la joie

Des poignées de sel gris

Tu marches répondant

De la douceur des pierres.

                               René-Guy Cadou

Publié dans A vous

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